Votre fils refuse d’aller à l’école depuis deux semaines. Votre fille fait des cauchemars toutes les nuits et pleure sans raison apparente. Votre enfant a subi un divorce, un deuil, un harcèlement scolaire, et vous sentez que quelque chose a changé en lui. Mais vous hésitez à consulter. Est-ce vraiment nécessaire ? N’est-ce pas une phase qui passera ? Ne suis-je pas en train de dramatiser ?
Ces questions, de nombreux parents se les posent. Et elles sont légitimes. Cet article est fait pour vous aider à y répondre : comprendre à partir de quel âge un accompagnement est possible, identifier les signaux qui méritent attention, démystifier le déroulement d’une séance et comprendre pourquoi intervenir tôt fait toute la différence.
La santé mentale des enfants en France : un enjeu majeur souvent sous-estimé
La santé mentale des jeunes a été déclarée Grande Cause Nationale 2025 en France. Une reconnaissance officielle de l’ampleur du phénomène. Et les chiffres confirment l’urgence d’en parler.
L’étude Enabee, menée par Santé publique France en 2024 sur un échantillon représentatif d’enfants scolarisés, révèle que 8,3 % des enfants de 3 à 6 ans présentent au moins un type de difficultés probables de santé mentale ayant un retentissement sur leur vie quotidienne. Ce chiffre monte à 13 % chez les 6-11 ans selon la même étude. Et d’après la Cour des comptes, 1,6 million de mineurs en France souffrent d’un trouble psychique.
Côté adolescents, le tableau est encore plus préoccupant. L’enquête EnCLASS publiée en 2024 par Santé publique France, réalisée sur près de 10 000 élèves du secondaire, montre que 14 % des collégiens et 15 % des lycéens présentent un risque important de dépression. En 2024, 45 % des jeunes Français de 11 à 15 ans souffrent de troubles anxieux, dont 8 % de manière sévère.
Pourtant, malgré cette réalité, le recours à l’accompagnement reste rare : seuls 17 % des jeunes souffrant de troubles dépressifs ont consulté un professionnel de santé mentale en 2022, et 64 % n’en ont parlé à personne. Le frein n’est pas toujours financier, c’est souvent la méconnaissance, la stigmatisation ou le sentiment de ne pas « en avoir assez besoin » qui retardent la démarche.
À partir de quel âge peut-on consulter pour un enfant ?
C’est souvent la première question des parents, et la réponse peut les surprendre : un accompagnement est possible dès le plus jeune âge. Le dispositif national « Mon soutien psy » est d’ailleurs accessible dès 3 ans pour les enfants en souffrance psychique légère à modérée.
En pratique, les professionnels distinguent plusieurs grandes tranches d’âge, chacune présentant ses propres caractéristiques et modalités d’accompagnement.
La petite enfance (3-6 ans)
À cet âge, l’enfant ne dispose pas encore des mots pour exprimer ce qu’il ressent. Sa souffrance s’exprime autrement : refus catégorique d’aller à la crèche ou à l’école, pleurs inexpliqués, troubles du sommeil sévères, régression (retour à un comportement plus infantile), crises de colère disproportionnées, ou au contraire retrait et inhibition. L’accompagnement à cet âge inclut généralement les parents dans le processus, et s’appuie largement sur le jeu comme médiation thérapeutique. Comme l’indique La Revue du Praticien, « les psychothérapies mère-bébé et les thérapies parents-enfant sont particulièrement indiquées dans les premières années, car les parents sont des acteurs centraux du changement ».
L’enfance (6-11 ans)
C’est la période scolaire par excellence, et les difficultés s’y manifestent souvent de façon plus visible. L’enfant peut présenter des troubles de l’attention ou de l’hyperactivité (TDAH), une anxiété liée aux performances scolaires, des difficultés relationnelles avec ses pairs, un perfectionnisme excessif ou au contraire un désengagement scolaire. Les séances individuelles prennent davantage de place, tout en maintenant un lien régulier avec les parents pour coordonner les approches. L’enfant de 6 à 11 ans est capable de s’engager dans une relation thérapeutique, d’identifier et d’exprimer ses émotions avec un soutien adapté.
L’adolescence (12-17 ans)
L’adolescence est, en elle-même, une période de crise au sens positif du terme : une transformation profonde de l’identité, du corps, des relations. Mais quand cette transition se complique, anxiété invalidante, dépression, phobie scolaire, troubles alimentaires, isolement, comportements à risque. Un accompagnement extérieur peut offrir un espace neutre et sécurisant que ni la famille ni les amis ne peuvent toujours constituer. C’est particulièrement précieux à un âge où « parler à ses parents » peut sembler difficile ou menaçant.
Il est important de préciser que chez l’adolescent, l’accompagnement ne se fait pas contre les parents, mais avec eux, en dosant le niveau d’implication selon l’âge, la demande de l’adolescent et la situation familiale.
Quels signaux doivent alerter les parents ?
Il n’existe pas de liste exhaustive, et chaque enfant est unique. Mais certains comportements méritent une attention particulière, surtout s’ils s’installent dans la durée, se cumulent ou représentent un changement significatif par rapport au comportement habituel.
Les signaux émotionnels et comportementaux
- Irritabilité inhabituelle, crises de colère disproportionnées ou fréquentes
- Tristesse persistante, pleurs fréquents sans raison identifiable
- Anxiété excessive, peur de l’école, des autres, de la maladie, de la séparation
- Retrait social, perte d’intérêt pour des activités autrefois appréciées
- Régression : retour au pipi au lit, à la tétine ou à d’autres comportements dépassés
Les signaux physiques et somatiques
Le corps de l’enfant parle souvent avant lui. Des maux de ventre récurrents le matin avant l’école, des maux de tête fréquents sans cause médicale identifiée, des troubles du sommeil persistants (difficultés à s’endormir, cauchemars, réveils nocturnes), une perte ou une prise de poids notable, une fatigue chronique, autant de signaux qui peuvent indiquer une souffrance psychique que l’enfant n’arrive pas encore à verbaliser. Ameli.fr souligne d’ailleurs que lorsque « le niveau d’anxiété commence à avoir des répercussions sur le fonctionnement mental et comportemental » de l’enfant, la consultation s’impose.
Les signaux scolaires et relationnels
- Chute soudaine des résultats scolaires
- Refus scolaire anxieux (phobie scolaire)
- Difficultés relationnelles répétées avec les camarades
- Situation de harcèlement (subi ou exercé)
- Isolement progressif, repli sur les écrans
Les événements de vie déclencheurs
Certains événements fragilisent particulièrement les enfants et justifient souvent, à titre préventif, un accompagnement même en l’absence de symptômes évidents : divorce ou séparation des parents, décès d’un proche, arrivée d’un nouveau membre dans la fratrie, déménagement, changement d’école, accident ou maladie grave, mais aussi exposition répétée à des conflits familiaux intenses. Ces situations ne génèrent pas automatiquement un trauma, mais elles créent une vulnérabilité que l’accompagnement peut aider à traverser.
Comment se déroule une première consultation pour un enfant ?
La question du déroulement est souvent celle qui inquiète le plus les parents. Que va-t-on faire à mon enfant ? Devra-t-il parler de choses difficiles ? Y a-t-il un risque que ça empire ? Autant de craintes légitimes qu’il convient de dissiper.
La première séance accueille généralement l’enfant avec ses parents. Elle a pour objectif de prendre connaissance de l’histoire de l’enfant, de comprendre ce qui amène la famille à consulter, d’observer la dynamique relationnelle parent-enfant, et d’évaluer les besoins. L’enfant est acteur de cette première rencontre : il n’est pas simplement « présenté » comme un problème à résoudre, mais accueilli comme une personne à part entière.
Les séances suivantes durent en moyenne 45 minutes et varient en fréquence selon les besoins : hebdomadaire, bimensuelle ou mensuelle. Chez les plus jeunes, le jeu est un outil central : il permet à l’enfant d’exprimer ce qu’il ne peut pas encore verbaliser, de rejouer des situations anxiogènes dans un cadre sécurisé, et de développer ses ressources internes. L’art, le dessin, les jeux de rôle ou les métaphores peuvent aussi être utilisés selon l’âge et la sensibilité de l’enfant.
Chez les enfants plus grands et les adolescents, la parole prend davantage de place. Les outils comme les TCC (Thérapies Cognitives et Comportementales) permettent de travailler sur les pensées automatiques négatives, la gestion des émotions et les comportements d’évitement. La Revue du Praticien rappelle que « les TCC ont montré leur efficacité notamment dans les troubles anxieux chez l’enfant et l’adolescent ».
Un point régulier est maintenu avec les parents tout au long du suivi. Ils sont co-acteurs du changement, notamment avec les plus jeunes. L’objectif n’est jamais de « réparer » l’enfant à huis clos, mais d’accompagner toute la famille dans une meilleure compréhension de ce qui se joue.
Et si c’est moi, le parent, qui ressens le besoin d’aide ?
Il arrive souvent que la démarche vers l’accompagnement d’un enfant révèle en creux le besoin d’un soutien pour les parents eux-mêmes. Gérer un enfant anxieux, oppositif ou en souffrance est épuisant. Il peut naître un sentiment de culpabilité (« ai-je fait quelque chose de mal ? »), d’impuissance (« je ne sais plus quoi faire ») ou même d’injustice (« pourquoi mon enfant est-il comme ça ? »).
La guidance parentale est une composante précieuse de l’accompagnement de l’enfant : elle permet aux parents de mieux comprendre les besoins de leur enfant, de désamorcer les dynamiques relationnelles qui entretiennent les difficultés, et de retrouver confiance dans leur rôle. Consulter pour soi en tant que parent, ce n’est pas admettre un échec, c’est offrir à son enfant de meilleures ressources.
Pourquoi ne pas attendre que ça passe ?
C’est la tentation naturelle : « il va s’en sortir », « c’est son caractère », « ça s’arrangera avec le temps ». Parfois, c’est vrai et les phases de développement sont naturellement chahutées. Mais lorsque les difficultés s’installent dans la durée, s’aggravent ou impactent plusieurs domaines de la vie (école, famille, amis, sommeil), l’attente peut être contre-productive.
L’OMS le rappelle avec insistance : « lorsque les troubles mentaux ne sont pas pris en charge à l’adolescence, les conséquences se font sentir jusqu’à l’âge adulte ». Plus l’accompagnement est précoce, plus il est efficace. Les structures cérébrales et émotionnelles de l’enfant sont encore très plastiques, elles répondent mieux et plus vite aux interventions thérapeutiques que celles de l’adulte.
Un premier rendez-vous n’engage pas à un suivi au long cours. C’est une évaluation : un espace pour poser la situation, être écouté, et décider ensemble de la marche à suivre. Comme le rappelle Santéclair, « un premier rendez-vous ne vous engage pas dans une thérapie pour des années ».
L’accompagnement de l’enfant et de l’adolescent à Montauban
Je propose des séances individuelles pour les enfants et les adolescents, dans une approche bienveillante et adaptée à l’âge. L’accompagnement s’inscrit dans une relation de confiance avec toute la famille. Les parents sont systématiquement intégrés au processus, en particulier avec les plus jeunes.
Les outils utilisés varient selon le profil et les besoins de l’enfant : approches cognitives et comportementales pour les troubles anxieux ou les phobies scolaires, techniques de gestion des émotions, travail sur l’estime de soi, accompagnement post-traumatique, ou encore guidance parentale. Le cabinet s’adapte, sans étiquette ni protocole rigide.
Les séances ont lieu en cabinet à Montauban, selon les préférences et contraintes de la famille.
Consulter tôt, c’est protéger l’avenir de son enfant
Vous n’avez pas besoin d’attendre que votre enfant « aille vraiment mal » pour consulter. Un doute suffit. Une inquiétude suffit. C’est même là que l’accompagnement est le plus utile : avant que les difficultés ne s’enkystent, avant que l’anxiété ne devienne phobique, avant que le repli ne devienne isolement.
En tant que parent, votre instinct compte. Si vous sentez que quelque chose a changé, que votre enfant souffre, que la situation dépasse ce que vous pouvez gérer seul, écoutez ce signal. Un premier rendez-vous, sans engagement, peut changer le cours des choses.
Votre enfant traverse une période difficile ? Prenez contact pour un premier échange confidentiel. Ensemble, nous trouverons l’approche la plus adaptée à votre situation.
Sources et références
- Santé publique France – Étude Enabee (bien-être et santé mentale des enfants de 3 à 11 ans), 2024 : santepubliquefrance.fr
- Santé publique France – Enquête EnCLASS (santé mentale des collégiens et lycéens), publiée avril 2024 : santepubliquefrance.fr
- Organisation Mondiale de la Santé – Santé mentale des adolescents, fiche de référence 2024 : who.int
- Ameli.fr – Difficultés psychologiques chez l’enfant : comment être aidé ? : ameli.fr
- La Revue du Praticien – Psychothérapies de l’enfant : comment ça marche ?, 2025 : larevuedupraticien.fr
- Haut Conseil de la Famille, de l’Enfance et de l’Âge (HCFEA) – Avis sur la santé mentale des enfants et adolescents, novembre 2024
- Cour des comptes – Rapport sur la santé mentale des mineurs en France
- Santé sur le Net – Que disent les chiffres sur la santé mentale des jeunes en France ?, 2025 : sante-sur-le-net.com
- Santéclair – Quand et qui consulter pour un enfant ? : santeclair.fr
- Dispositif Mon soutien psy – Ameli.fr : ameli.fr





